Aujourd’hui

Aujourd’hui, comme presque tous les jours, j’ai été chercher Princesse à l’école. Nous sommes montées dans la voiture et elle m’a raconté sa journée sur le trajet de la crèche. Arrivées là-bas, nous avons récupéré Miniprincesse. Elle a mis ses chaussures, j’ai embarqué son manteau et nous étions reparties.

Je les ai installées dans leurs sièges respectifs. J’ai partagé le paquet de biscuits « Maya l’abeille » puis, j’ai pris ma place, derrière le volant.

Quand j’ai démarré la voiture, j’ai entendu la sirène d’une voiture de police. J’ai regardé dans mon rétroviseur. Ne la voyant pas arriver, j’ai quitté ma place de parking.

Quelques mètres plus loin, une voiture grise voulait sortir d’une entrée de garage en marche arrière. J’aurais pu la laisser passer mais non! J’ai continué et ai été forcée de m’arrêter un mètre après, derrière la file de voitures qui attendaient pour entrer dans le rond-point du bout de la rue. On entendait toujours la sirène.

Et puis, d’un coup, la voiture de police est arrivée de je ne sais où. Sirène hurlante et à toute vitesse. Elle a stoppé net, juste derrière moi, bloquant la voiture qui voulait sortir du garage.

Tout s’est passé très vite.

La voiture grise a fait marche arrière brusquement et a foncé dans le voiture de police. Les policiers sont sortis et ont dégainé leurs armes. Ils ont tirés. Plusieurs fois. La porte de la voiture grise s’est ouverte. L’homme est tombé à terre.

Pendant ce temps, j’ai fermé les fenêtres de la voiture et ai dit aux princesses qu’on jouait à cache-cache et qu’elles devaient baisser la tête. Pas moyen de partir. Ne pas leur montrer ma panique.

Le bruit était assourdissant: les cris, la sirène, les coups de feu.

Les voitures devant moi ont avancé. Je suis partie. Aussi vite que j’ai pu.

Aujourd’hui, j’ai eu la peur de ma vie. Je n’ai pensé qu’à elles.

Aujourd’hui, des balles ont été tirées et un homme blessé, à moins de 2 mètres de mes enfants.

Aujourd’hui, j’ai pris conscience que, même si on sait que ça peut arriver à tout le monde, que n’importe qui peut se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, ça n’arrive pas qu’aux autres:ça peut aussi arriver dans mon quotidien et j’en tremble encore…