Sans crier gare …

Ce n’est pas comme si je n’avais pas été prévenue: lorsque j’étais enceinte de Princesse, je l’ai entendu des dizaines de fois! « Profites-en: ça passe tellement vite! »

Ce n’est même pas comme si je n’avais pas tenu compte de cette mise en garde. J’ai profité de chaque moment. J’ai tout savouré. Tout imprimé dans un coin de ma mémoire.

Je ressens encore ce truc incroyable qui m’a prise aux tripes et au coeur au moment où elle est née. Je revis tous ces instants qui n’ont appartenu qu’à nous. En fermant les yeux, je peux revoir son visage concentré pendant nos séances  d’allaitement du milieu de la nuit, je peux revivre toutes ses premières fois: les sourires, les panades, la crèche, les premiers pas, l’école, les premiers bobos, le premier bonhomme, la première nuit chez une copine, …

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Bien sur, durant tout ce temps, j’ai bien remarqué qu’elle grandissait. Que mon tout petit bébé laissait doucement la place à une petite fille. Et j’ai mis un point d’honneur à faire en sorte qu’elle devienne une enfant indépendante.

Et puis, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. J’ai du tourné la tête à peine quelques secondes et hop! Ma toute petite fille était devenue grande. Comme ça, sans crier gare. Grande et indépendante!

Demain, j’irai la chercher. Ce sera le dernier jour de sa première colonie. Parce que oui, ma toute petite fille a voulu partir en colonie. Avec ses copains et sans ses parents, toute une semaine. Au moment de la déposer, j’ai cru que ça allait être un peu dur, qu’il y aurait quelques larmes. J’avais raison…. mais les larmes, c’est sur mes joues qu’elles ont coulé (dans la voiture, hein, pas devant elle!) pas sur les siennes! Une fois sa valise déballée, elle est venue me faire un bisous et m’a dit « Bon, Maman, je vais aller jouer avec mes copains. Il est temps que tu partes. » Et vlan! Prend ça!

Alors voilà, je crois que j’ai réussi mon coup: elle a 5 ans et elle est indépendante! Et moi, je suis tellement fière d’elle!

Toi, le jeune parent qui me lit peut-être, je n’ai qu’un conseil à te donner: « Profites-en… ça passe tellement vite! »

Aujourd’hui

Aujourd’hui, comme presque tous les jours, j’ai été chercher Princesse à l’école. Nous sommes montées dans la voiture et elle m’a raconté sa journée sur le trajet de la crèche. Arrivées là-bas, nous avons récupéré Miniprincesse. Elle a mis ses chaussures, j’ai embarqué son manteau et nous étions reparties.

Je les ai installées dans leurs sièges respectifs. J’ai partagé le paquet de biscuits « Maya l’abeille » puis, j’ai pris ma place, derrière le volant.

Quand j’ai démarré la voiture, j’ai entendu la sirène d’une voiture de police. J’ai regardé dans mon rétroviseur. Ne la voyant pas arriver, j’ai quitté ma place de parking.

Quelques mètres plus loin, une voiture grise voulait sortir d’une entrée de garage en marche arrière. J’aurais pu la laisser passer mais non! J’ai continué et ai été forcée de m’arrêter un mètre après, derrière la file de voitures qui attendaient pour entrer dans le rond-point du bout de la rue. On entendait toujours la sirène.

Et puis, d’un coup, la voiture de police est arrivée de je ne sais où. Sirène hurlante et à toute vitesse. Elle a stoppé net, juste derrière moi, bloquant la voiture qui voulait sortir du garage.

Tout s’est passé très vite.

La voiture grise a fait marche arrière brusquement et a foncé dans le voiture de police. Les policiers sont sortis et ont dégainé leurs armes. Ils ont tirés. Plusieurs fois. La porte de la voiture grise s’est ouverte. L’homme est tombé à terre.

Pendant ce temps, j’ai fermé les fenêtres de la voiture et ai dit aux princesses qu’on jouait à cache-cache et qu’elles devaient baisser la tête. Pas moyen de partir. Ne pas leur montrer ma panique.

Le bruit était assourdissant: les cris, la sirène, les coups de feu.

Les voitures devant moi ont avancé. Je suis partie. Aussi vite que j’ai pu.

Aujourd’hui, j’ai eu la peur de ma vie. Je n’ai pensé qu’à elles.

Aujourd’hui, des balles ont été tirées et un homme blessé, à moins de 2 mètres de mes enfants.

Aujourd’hui, j’ai pris conscience que, même si on sait que ça peut arriver à tout le monde, que n’importe qui peut se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, ça n’arrive pas qu’aux autres:ça peut aussi arriver dans mon quotidien et j’en tremble encore…

 

 

Les hommes de leurs vies

En ce mois de fête des pères, j’avais envie de te parler de leurs hommes! Parce qu’une chose est certaine: côté testostérone, les princesses sont bien entourées!

Commençons par les parrains. En tout, ils sont quatre: trois pour Princesse (qui, du coup, n’a pas de marraine) et un pour Miniprincesse (qui, elle, a une marraine aussi). Ces  gaillards ont chacun une place particulière dans notre vie. Ils sont différents mais complémentaires. En point commun, l’amour qu’ils donnent à nos filles et celui qu’elles leur rendent bien. Il y a le parrain rigolo et sympa; disponible pour les bêtises, pour les câlins et pour les bisous magiques quand elles en ont besoin. Puis, le parrain qui se donne une allure de gros dur avec sa barbe rousse et ses tatouages mais, les princesses ont su percer la carapace et découvrir le coeur tendre qui s’y cachait. Avec lui, elles apprennent le second degré et les jeux de mots stupides. Il y a celui que l’on voit moins mais qui veille de loin. Malgré le travail et le manque d’occasions, elles savent qu’il est là et qu’elles peuvent compter sur lui. Enfin, il y a le parrain qui voyage sans arrêt mais qui profite de chaque instant partagé avec elles pour rire, jouer et retomber en enfance. Elle l’emmènent se cacher sous la table et lui, il se laisse faire. Bien sur, ça leur fait plaisir mais, j’ai l’intime conviction qu’il adore ces moments où il peut retomber en enfance!

Les princesses réservent aussi une place particulière à leurs grands-pères. Là encore, le nombre peut paraître étrange: elles en ont trois! L’un d’eux vit malheureusement trop loin de nous. Elles ne l’ont jamais rencontré mais, on parle de lui, on regarde des photos et malgré la distance, il fait partie de leur vie. Les deux autres partagent véritablement leur quotidien! Les princesses ont su les « apprivoiser » et les font fondre littéralement. Avec l’un, elles apprennent à clouer ou à fabriquer des maisons pour les oiseaux. Tandis que l’autre joue au monstre ou au cheval. Les deux les regardent grandir presque amoureusement et partagent avec elles tout ce qu’ils sont.

Enfin, il est temps de te parler de l’homme de leur vie: leur papa! Il faut reconnaitre qu’elles ont beaucoup de chance: je leur ai choisi un papa extraordinaire! Et, elles sont d’accord avec moi! J’en veux pour preuve les mots de Princesse quand elle parle de lui: « Mon papa, c’est le meilleur du monde parce que il est tout le temps gentil avec nous, il prépare de bonnes choses, il nous lit nos livres préférés et il sait faire des bruits d’oiseaux! » Ah! Je t’avais dit qu’il était extraordinaire: il sait faire des bruits d’oiseaux! Mais surtout, il est là, pour elles, de tout son coeur, il veille au grain, il les aide à grandir, il les tire vers le haut, il les aime, il leur donne confiance en elles, il les fait rire, il les rassure, … Il est merveilleux.

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