Choisir un camps

Lorsque j’ai appris ce qu’il se passait, je n’ai pas tout de suite réalisé. Je me suis mise en mode automatique et j’ai continué ma journée. J’ai fait face. J’ai fait semblant de ne pas avoir peur, de savoir ce que je faisais, de gérer la situation.

J’ai essayé de m’empêcher de penser à mes filles, pour ne pas craquer. Chaque fois que mon cerveau déviait vers elles, j’avais l’impression d’étouffer, une boule au ventre, une autre dans la gorge et les larmes aux yeux. Je n’avais qu’une envie, un besoin: les rejoindre. Être à leurs côtés, les serrer dans mes bras.

Ma journée de travail s’est terminée. Dans la voiture, en allant les chercher, j’ai pensé à toutes ces personnes touchées, au drame que vivaient leurs proches, j’ai pensé à Bruxelles, ma ville, mon chez moi, j’ai pensé à ce monde qui ne tourne pas comme il devrait, j’ai pensé à la haine qui sue de partout et déborde sur le reste. Alors, j’ai craqué et j’ai pleuré. Pas longtemps: j’étais arrivée devant la crèche et faire un câlin à ma Miniprincesse était ce qu’il y avait de plus urgent.

En arrivant à l’école de Princesse, j’avais la tête remplie de questions. En aurait-elle entendu parlé? Si oui, que savait-elle? Quels mots devrais-je trouver pour la rassurer? Je l’ai serrée et me suis vite aperçue qu’elle ne savait rien. Tant mieux.

Nous sommes rentrés, tous les quatre, à la maison. Nous avons passé une soirée ordinaire. A ce détail près que j’avais conscience, à chaque instant, que c’était une chance. Je les ai observées, je les ai senties, je me suis imprégnées d’elles, de leur bonne humeur, de leur innocence.

Quand elles ont été endormies, j’ai allumé mon ordinateur et j’ai regardé les informations. J’ai pris l’horreur en pleine figure. Les quelques heures passées avec mes filles m’avaient apaisée, rendue heureuse. Mais là, d’un coup, ce sont la peur, la tristesse, la colère, le choc qui ont repris le dessus.

Ma nausée a empirée lorsque j’ai découvert, sur les réseaux sociaux, des messages de haines, d’amalgames, de généralisation, …

Et puis, j’ai relevé la tête. Bien sur, j’ai peur. Bien sur, ce n’est pas le monde que je veux pour elles. Mais, je ne cèderai pas. Je n’entrerai pas dans ce cercle vicieux : je ne répondrai pas à la haine par la haine.

Ma lutte à moi, ce sera de garder la tête haute, de croire en l’être humain, de nous faire confiance  et de continuer à sourire.

J’ai choisi mon camp: celui des Bisounours.

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